Les acteurs de la diversité culturelle

La diversité culturelle est en connexion directe avec d’autres notions fondamentales : l’identité, le lien social et le vivre ensemble, la relation à l’Autre, mais aussi l’espace public, le rapport entre unique et universel, entre égalité et différence, etc.
Devenue incontournable en tant qu’enjeux de société, elle est aujourd’hui prise en charge par une variété d’acteurs institutionnels ou issus de la société civile.
En voici une typologie non exhaustive, agrémentée d’exemples notables en termes d’initiatives.

1. Les acteurs institutionnels

Les organisations internationales telles que l’UNESCO ont inscrit la diversité culturelles dans leurs missions, en publiant la Déclaration universelle de l’UNESCO sur la diversité culturelle (2002).

touteleurope.eu

Sous son impulsion ainsi que sous celle d’Aurélie Filipetti (ministre de la Culture de 2012 à 2014), dans un contexte de marchandisation de la culture, l’Union européenne a fait valoir le concept d’exception culturelle européenne, devenu diversité culturelle, afin que la culture échappe aux négociations commerciales du TTIP.

L’État, essentiellement à travers le ministère de la Culture, doit exercer selon l’historien Laurent Gervereau, 3 missions culturelles essentielles : « assurer la défense de la diversité, le développement de l’industrie culturelle et la promotion de l’image d’un pays.  »

Les collectivités territoriales, elles aussi, tentent de s’emparer du thème de la diversité, en dédiant des mandats d’élus adjoints ou des services à l’égalité, la diversité et la coopération culturelle.
Une initiative retient en particulier notre attention : celle lancée par les mairies de Porto Alegre et Barcelone en 2002, l’Agenda 21 de la culture, dont les signataires, gouvernements locaux du monde entier, s’engagent pour la diversité culturelle en tant que condition favorable à la paix.

L’équipe de la DRI au Forum franco-allemand (2017)

Les centres de recherche et universités ne sont pas en reste, en intégrant l’interculturel dans des projets de recherche ou des cursus, ou encore dans leurs services aux étudiants. Nous pouvons ici évoquer la Direction des relations internationales (DRI) de notre Université Lumière Lyon 2, qui promeut les échanges en gérant la mobilité des étudiants et des enseignants.

De plus, de nombreuses universités dans le monde coopèrent de façon décentralisée à travers des programmes, dont celui des Chaires UNESCO et des réseaux UNITWIN. Beaucoup d’entre elles s’inscrivent dans la thématique du « Dialogue interculturel ».

2. Les acteurs de la société civile

Par « société civile », nous entendons toute organisation indépendante de l’État, dans son organisation et ses activités.

Les associations (loi 1901) intervenant dans le domaine social, culturel, humanitaire, etc., fonctionnent grâce à des bénévoles et des salariés forcément en relation avec des populations en difficulté, souvent issues des minorités. Elles sont de fait actrices de la diversité culturelle. L’Observatoire de la Diversité Culturelle, fondé dans la ville Les Lilas (93) en 2000, en est un exemple. Il a pour objectif de « promouvoir l’expression de la diversité culturelle comme outil de dialogue, d’inclusion sociale et de citoyenneté ».

Les entreprises privées, lorsqu’elles ne réduisent pas la diversité culturelle à un moyen d’augmenter leur productivité ou d’améliorer leur image, peuvent aussi agir concrètement pour elle, en la mentionnant clairement dans leurs objectifs.

Citons Qwant, le moteur de recherche français, qui « a inscrit la défense des identités et des cultures régionales dans son cahier des charges éthique. » Au-delà de ces initiatives, de par son respect de la vie privée des internautes, il leur permet d’avoir accès à une culture plus diversifiée en offrant des résultats neutres à leurs recherches.

Les professionnels de la culture, à travers des collectifs, s’expriment parfois sur le sujet de la diversité. La Coalition française pour la diversité culturelle, fondée en 1997, rassemble « les organisations professionnelles de la culture […] et défend la diversité culturelle face aux négociations commerciales internationales. » Autre exemple : à l’heure où nous rédigeons cette page, l’actrice Aïssa Maïga fait la promotion de son livre Noire n’est pas mon métier (Seuil, 2018), écrit avec 15 autres comédiennes.  Elles y dénoncent les stéréotypes, le racisme et le sexisme subis dans le milieu du cinéma, en appelant à une représentation plus juste de la société dans la culture.

Les intellectuels, indispensables à la prise de recul sur notre société, comptent dans leurs rangs des penseurs de la diversité culturelle. Jacques Derrida, Édouard Glissant, Alain Renaut, Emmanuel Levinas… nous avons choisi d’évoquer la pensée de Paul Ricœur (1913-2005).  Le philosophe français a entre autres publié Soi-même comme un autre (Seuil, 1990), où il étudie l’identité, le Soi, le Même, l’Autre et leur relation. L' »Autre n’est pas seulement la contrepartie du Même, mais appartient à la constitution intime de son sens » (p.380 – source Wikipédia).

Pixabay, licence CC0

Les citoyens. Nous pouvons tout à fait les compter parmi les acteurs de la diversité culturelle, car ils et elles sont et vivent cette réalité. En effet, pour ne considérer que leurs origines, rien qu’en France, 12 millions de Français ou résidents en France sont immigrés ou descendants d’immigrés, selon une étude de l’Insee en 2012. Une autre étude de ce même institut, datant de 2015, affirme que 14% des mariages sont mixtes.

Les identités peuvent donc être considérées comme non figées, mouvantes, aux contours flous, ouvertes aux influences, et diverses.

 

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